PCSCP
Pour les Chambaran SANS Center Parcs

31 janvier 2014 : Mémorial de l’Isère - Elus unidimensionnels

par PCSCP Stéphane PERON.
Mis à jour le jeudi 6 février 2014

"La dictature, disait Coluche, c’est « ferme ta gueule » et la démocratie c’est « cause toujours » !" Le comportement de nos élus, en ce qui concerne le Center Parcs, lui fait écho...

Monsieur le sénateur Vallini, sémillant mais irascible président du conseil général de l’Isère, ne cesse de maudire les lois et règlements - environnementaux surtout - qui sont autant d’obstacles aux lendemains radieux que ses entreprises nous préparent.

Monsieur le maire de Roybon, lui, campe sur ses positions : les opposants au Center Parcs ne sont qu’une poignée de gauchistes patentés et de babas cools ahuris, qui ne comprennent rien aux réalités de ce monde. Et puis, la plupart ne sont même pas roybonnais, alors... Et puis, de toute façon, le Center Parcs se fera, parce que je le vaux bien, na !!

Monsieur le maire de Chatte, conseiller général, balaie, pour sa part, d’un revers de main les arguments des opposants au Center Parcs, au nom des emplois et des perspectives que Pierre et Vacances fait trompeusement miroiter.

A ce concert, se joint la voix de Monsieur Barbier, député UMP de la circonscription roybonnaise, grand amateur d’asphalte et de béton. On pourrait espérer, face à pareil quarteron, que quelques élus, quelques conseillers municipaux courageux et opposés au saccage du bois des Avenières, osent donner de la voix. Que nenni ! Comme un seul homme, comme une seule femme, toutes et tous, oubliant, pour l’occasion, leurs chamailleries, se font les complices de cette aberration. Et tant pis pour la démocratie.

Car le silence consentant et le soutien sans nuance des élus au projet Center Parcs ne sauraient attester, en soi, du bien fondé de leurs options. " L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie", disait Gandhi. Cette consternante unanimité, lorsqu’elle ne relève pas d’une florentine prudence, traduit une triste évidence : qu’ils soient de droite, de gauche, du centre, ou se disent apolitiques, nos élus sont tous fondus au même moule, cylindrés par la même machinerie, obsédés par les mêmes mythes. Bref, ils sont unidimensionnels.

Leur obsession, c’est la croissance, à n’importe quel prix et sans limite. Comment accepter, sinon, que l’on détruise aveuglément les derniers espaces encore sauvages de la région ? Comment accepter que l’on implante mille bungalows pompeusement surnommés "cottages" - une ville de la dimension de Beaurepaire - au sommet d’un bassin versant, en plein cœur d’une forêt jusqu’alors épargnée, avec le cortège de conséquences néfastes que cette réalisation impliquera pour notre environnement ?

Cette démesure, cette "hybris", ne relève pas du réalisme ; elle relève de l’idéologie.

Au delà des 200 hectares (et plus...) saccagés, au delà de l’espace public soustrait à ses traditionnels usagers, c’est la conception même de l’économie invoquée par les élus qui s’avère à tout le moins contestable. Impuissants à contrecarrer les fermetures d’entreprises qui se multiplient, ils entendent transformer aujourd’hui notre région en réserve d’indiens, que des touristes de passage visiteront en quatrième vitesse, lorsqu’ils ne seront pas occupés à tremper sous une bulle, dans des bassins coûteusement surchauffés, pourvus d’arbres en plastique, au milieu de ce qu’il restera de nos bois... Le tout financé par des dispositifs fiscaux douteux, hasardeux et risqués.**

Et tout ça pour quel bénéfice ? Pour une poignée d’emplois payés au lance-pierre, et grassement subventionnés par le contribuable ! Pour ce glorieux résultat, il faudra construire une conduite d’eau usée d’au moins 20 kilomètres au milieu des coteaux, pour alimenter une station d’épuration surdimensionnée, et destinée à placer la population devant le fait accompli. Pour cela il faudra fragiliser davantage la Galaure et l’Herbasse, deux rivières déjà mal-en-point, et mettre en péril la nappe d’eau qui alimente le bassin versant drômois. Pour cela il faudra construire un clôture métallique au milieu des bois pour empêcher les promeneurs d’y pénétrer.

Lorsque le contournement des lois devient un sport national, lorsque les petits arrangements entre amis font office de puissance publique, la démocratie est bafouée. Monsieur Brémont, puissant PDG de Pierre et Vacances, promoteur du Center Parcs, pourra se frotter les mains : il sera le seul à en tirer profit.

** Voir à ce sujet le Mémorial de l’Isère du 17 Janvier, p.9, sur la niche fiscale "Censi-Bouvard."

Bernard Kuntz
CHATTE
Membre de l’association "Pour des Chambaran Sans Center Parcs"


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