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 Le numéro 2 - Mai 2013 Le numéro 3 - Février 2014
Editorial

Ce vendredi 21 mars 2014, ce sont autour de 250 personnes avec banderoles et panneaux dénonciateurs qui se rendues devant le Conseil Général de l’Isère pour protester contre le projet de Center Parcs de Roybon, et en demander l’annulation !

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Au coeur de la manifestation

Dès le matin des tracts, annonçant la manifestation et décrivant les aberrations de ce projet, étaient distribués au personnel et aux élus se rendant au Conseil Général, aux passants et de nombreux autres ont été déposés sur les pare-brises des voitures stationnées autour.

A partir de 15 heures, les opposants ont commencer à se rassembler et entonner des chansons mettant en dérision Mr Vallini, Monsieur Barbier et le préfet de Région, prêt à tout pour forcer le dossier Loi sur l’eau.

Plusieurs personnes se sont exprimées dans le porte voix, utilisé pour la circonstance :
- Michelle PISTONE, membre du CA de PCSCP
- Stéphane PERON, président de l’association PCSCP : un discours solennel à l’adresse de Monsieur VALLINI a été prononcé ( l’intégralité du discours est consultable ici )
- Michèle BONNETON, député de la 9ième circonscription de l’Isère ( EELV )
- Claude COMET, conseillère régionale déléguée au tourisme et à la montagne

L’ambiance bon-enfant, n’enlevait rien à l’agacement palpable des participants à l’idée de ce projet destructeur de nature et gâchis d’argent public.

Vers 16h00, la manifestation a pris un tournant décisif quand une centaine de manifestants est entrée dans le Conseil Général de l’Isère en demandant haut et fort l’annulation du Center Parcs. Cette intervention pour le moins bruyante qui a duré presque une demi heure, a fait la place à une demande officielle de rencontrer un élu du Conseil Général.

Vers 17h00, Monsieur Christian PICHOUD ( vice-président du Conseil Général de l’Isère en charge de l’économie touristique et de la montagne) a accepté de rencontrer une délégation composée de 2 personnes représentant les associations de pêche de la Drôme, le président de l’association PCSCP, 3 élus locaux EELV positionés contre ce projet ( 2 conseillers régionaux : Maryvonne Boileau et Jean-Marie CHOSSON ainsi que Madame la député Michèle BONNETON ).

La réunion a duré un peu moins d’une heure. Monsieur PICHOUD était assisté de deux fonctionnaires « techniques ».

Dès le début de la réunion, chacun a pu exprimer ses doléances. Monsieur PICHOUD a tenté de répondre à certaines et voici quelques sujets abordés :
- Les pêcheurs ont reproché la consommation d’eau du Center Parcs, alors qu’on demande à tous, en particulier dans la Drôme de diminuer les consommations car les nappes sont déjà en déséquilibre quantitatif. Un des techniciens assistant Monsieur PICHOUD s’est réfugié derrière des chiffres en disant que la consommation en plus ne représenterait que 1,6 % que ce qui est déjà consommé. ( Visiblement il ne voulait pas comprendre ce qui était reproché au Center Parcs à savoir que nous sommes dans une situation délicate au niveau de l’état des nappes, et qu’il faut plutôt chercher à diminuer pour l’avenir nos consommations plutôt que de se mettre un boulet au pied avec un projet aqualudique basé sur une grande consommation d’eau. )
- Stéphane PERON a évoqué le cas des zones humides détruites ( 62 hectares ). Et qu’elles étaient compensées par la remise en état d’autres zones humides situées dans d’autres départements. Or ce système de compensation est une véritable arnaque intellectuelle puisqu’il suffit de trouver des endroits où l’homme détruit, pour que cela devienne profitable pour un projet ailleurs qui pourra détruire à nouveau sous prétexte de remettre en état ces zones abîmées. Monsieur PICHOUD a parlé que c’était la loi. Mr PERON a rappelé à Monsieur PICHOUD que ces mesures doivent être exceptionnelles .. Or elles sont appliquées sur un projet gigantesque, et surtout la LOI c’est d’éviter d’abord de détruire .. Or c’est sur toutes les zones humides impactées que vont s’effectuer les compensations. Monsieur PICHOUD s’est alors réfugié derrière l’argument que cela sera débattu en enquête publique !!!
- Jean-Marie CHOSSON a parlé du bois qui était utilisé pour la chaufferie bois et qu’il fait aujourd’hui en faire un usage plus durable … Là dessus il y a eu un échange assez flou avec Monsieur PICHOUD sans rentrer dans les chiffres … Il a été rappelé que le Center Parcs de Moselle consommait pour sa chaufferie bois 5000 tonnes par an … C’est à dire entre 20 et 40 hectares de forêts. Devant ce chiffre Monsieur PICHOUD a simplement répondu que c’était mieux que d’envoyer des touristes par avion à l’autre bout de la planète ( !! )
- Madame BONNETON a parlé de l’argent public investi dans ce projet privé. Il a été ajouté également tous les frais liés à l’assainissement .. Monsieur PICHOUD a comparé ce projet à une entreprise qui s’installe dans une ZAC … Il lui a été rappelé que cela n’avait rien à voir car le projet était en pleine forêt à 27 km de la station d’épuration et que l’assainissement allait coûter une fortune !!
- Il a été évoqué la situation de perte du groupe Pierre & Vacances-Center Parcs. Monsieur PICHOUD a balayé le sujet en disant que Pierre & Vacances traînait les casseroles d’un ancien modèle économique mais Center Parcs, n’était pas concerné. Il a évoqué qu’il ne fallait pas se préoccuper de l’avenir pour le groupe Pierre & Vacances.
- En fait Monsieur PICHOUD, dès le départ a parlé de la manne des emplois. Stéphane PERON a donc posé la question si les emplois étaient en cohérence avec les demandeurs d’emplois locaux qui pour la plupart sont qualification. Car si on observe ce qui se passe dans le dernier Center Parcs en Moselle, ce sont des emplois à 240 euros par mois pour 9 heures de travail par semaine qui sont proposés pour les personnes sans qualification !! Monsieur PICHOUD a alors répondu qu’il n’était pas certain de la véracité des chiffres annoncés ( Cela signifierait le Conseil Général ne connaît pas la nature des emplois réellement proposés ? et donc qu’il ne s’est pas renseigné sur ce qui se passe dans les autres Center Parcs ?? )
- Madame BOILEAU a rappelé à Monsieur PICHOUD qu’aujourd’hui de nombreux citoyens ont de moins en moins confiance dans la sorte d’élus qu’ils incarnent. Monsieur PICHOUD semblait ne pas se sentir concerné.
- Monsieur CHOSSON a fait allusion, en fin d’entretien et pour ne pas en rester là, pour rencontrer cette fois Monsieur VALLINI, le président du Conseil Général. Monsieur PICHOUD s’est dérobé en disant que le dossier était maintenant trop avancé pour cela avec un permis et une révision de PLU valides.

Au final, derrière une façade de pseudo écoute, aucune avancée n’a été obtenue sur le dossier. Cet échange a fait apparaître une obstination farouche, dogmatique à vouloir imposer ce projet en remettant en cause simplement des faits indiscutables. Plusieurs doléances exprimées au début de l’entretien sont restées lettres mortes.

Pourquoi ne pas voir les choses comme elles sont réellement ? Monsieur PICHOUD nous a confié lors de l’entretien que la visite d’un Center Parcs l’a fait rêvé !! De voir un remplissage tout au long de l’année ( donc sans se poser de question sur la rentabilité ) par rapport à l’immobilier de montagne ( il est le président de la communauté de communes de l’Oisans ) sur lequel plâne le scandale des lits froids ( des constructions soutenue par des niches fiscales de l’Etat qui ne sont habitées que quelques semaines dans l’année ). Et c’est ce beau rêve que nous cassons en dénonçant la vérité... une vérité bien triste où les chevaliers de l’emploi et du respect de la nature, qui font tant rêver cet élu, comme tant d’autres dans Jura ou en Saône et Loire, ne sont que des mirages.

Nous nous sommes quittés vers 18h00 pour rejoindre les manifestants à qui il a été fait un retour de cette réunion.

Vous pouvez retrouver d’autres photos de l’événement ici sur le site d’EELV : http://isere.eelv.fr/2014/03/26/retour-en-images-sur-la-manifestation-contre-le-projet-de-center-parcs-devant-le-conseil-general-de-lisecere/

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Après plus de 3 années d’opposition en justice à ce projet dépassé, une poignée d’élus fascinés par un modèle économique de tourisme industriel destructeur de zones humides, stérilisateur de forêts, financé par des niches fiscales, continue de s’accrocher et ce malgré les résultats financiers désastreux du groupe Pierre & Vacances, promoteur du Center Parcs de Roybon.

Mr Ayrault, premier ministre, dans une circulaire aux préfets en avril 2013, a demandé à faire passer tous les projets immobiliers dans les cartons des préfectures (sauf si des problématiques de sécurité apparaissaient ) : http://www.reporterre.net/spip.php ?article4233 !!!!!

En bon petit soldat, la préfecture de région n’a pas tardé à réagir, en écartant les associations environnementales du dossier "Loi sur l’eau" du projet Center Parcs, et à donner son aval au dossier pour qu’il soit traité le plus rapidement possible au niveau départemental.

Le dossier "Loi sur L’eau" serait donc en instruction à la DDT38 depuis quelques mois.

Le SDAGE Rhone-Méditerranée-Corse qui définit entre autres, un ensemble des bonnes pratiques à mettre en œuvre pour permettre le respect de la loi sur l’eau, suppose que des compensations relatives à la destruction de 64 hectares de zones humides soient faites sur le même bassin versant que le lieu où les dommages seront faits. Cela paraîtrait logique. On soigne là où il y a eu une blessure.

Ces compensations devraient donc être faites sur le bassin de la Galaure et de l’Herbasse.

Or Pierre et Vacances, ainsi que le préfet de l’Isère, tentent de faire avaler des couleuvres à l’administration en disant que finalement la Savoie, le Rhône et la Drôme seraient le bassin versant du Center Parcs de Roybon.

Si cette interprétation passait, elle ferait jurisprudence et cela voudrait dire qu’on pourrait détruire des zones humides à Paris, et compenser à Agde ... C’est complètement délirant et c’est la remise en question totale d’une des plus importantes avancées du Grenelle de l’environnement !!!

Mais le ton monte. La révolte gronde et les solidarités contre ce projet se structurent. Les Fédérations de Pêche de l’Isère et de la Drôme nous ont tout récemment rejoint dans la contestation devant les tribunaux en attaquant l’arrêté autorisant l’augmentation de prélèvement d’eau du captage du poulet ( à Viriville ) pour le Center Parcs dans une nappe qui est déjà en déficit chronique et dont il faudrait, au contraire, réduire les prélèvements.

Le Président,
Stéphane PERON

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En conclusion, les dossiers soumis à l’enquête publique ne répondent pas à l’ensemble de nos interrogations en matière de prise en compte des enjeux environnementaux et maintiennent nos inquiétudes quant à l’existence d’impacts irréversibles sur la zone humide, l’hydrologie du site, la ressource en eau, en particulier en termes de solidarité amont- aval et sur les espèces patrimoniales et le corridor biologique.

Par ailleurs, l’analyse d’un tel dossier, en amont de la demande d’autorisation au titre de la loi sur l’eau, nous semble inverse à l’ordre logique.

Enfin, il nous semble indispensable d’avoir en tête que quelles que soient la nature et l’ambition des mesures compensatoires envisagées, la destruction d’une zone humide présente un caractère irréversible. Il est impossible de reconstituer de toutes pièces des écosystèmes qui ont mis des centaines voire des milliers d’années à se constituer et présentent des interactions extrêmement complexes entres espèces, microorganismes et milieu physique.

Aussi, malgré tout le sérieux apporté à la constitution du dossier et indépendamment du fait que la FRAPNA apporte son tribu à la mise en place d’actions exemplaires, elle attire son attention sur l’impact considérable du projet sur un milieu pour lequel le département, au regard des espèces en présence et de l’enjeu « eau » a une responsabilité qui va au-delà de ses frontières.

Conclusion de la position de la FRAPNA Isère ( caution environnementale du projet ) du 4 juin 2010 lors de l’enquête publique sur le permis de construire du Center Parcs ( voir le document dans son entier )

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