PCSCP
Pour les Chambaran SANS Center Parcs

Vous avez dit tourisme ?

par PCSCP Stéphane PERON.
Mis à jour le samedi 11 décembre 2010

La question des retombées touristiques ( sous entendu "économiques" ) est au coeur du discours des initiateurs de ce projet.

Là encore les amalgames sont nombreux.

Il nous faut donc décortiquer avec soin la propagande faite sur le sujet.

Le mieux est de reprendre la conclusion de l’article paru au moment de l’ouverture du Center Parcs dans l’Aisne :
L’Aisne, qui enregistre actuellement 1.400.000 nuitées touristiques par an, devrait, grâce à l’ouverture du parc, doubler son chiffre. La capacité d’accueil maximum est de 4.000 résidents par jour.

Cela ne vous frappe pas ? alors cela mérite une petite explication.

Les hommes politiques, grand décideurs et médias aiment raisonner sur des agrégats tels le PIB, le taux de chômage, le déficit de la sécu etc ...

C’est souvent utilisé comme faire-valoir et donc donne une crédibilité à leur propos sans s’engager sur la réalité sous-jacente à ces concepts ....

Pour le ministère qui gère le tourisme, et pour les grand industriels du tourisme et de l’hôtellerie, le concept de base est la nuité.

Ce qui signifie que la qualité de la prestation hotellière est complètement dissoute par ce concept ... et tout le monde en déduit que plus on fait de nuité, mieux cela est ...

On peut facilement en déduire naïvement qu’il vaut mieux un tourisme industriel qui ramène beaucoup de nuités plutôt qu’un tourisme de proximité moins productif.

Qu’en est t’il dans les faits ?
Pour le tourisme industriel :
- Toutes les personnes qui y travaillent sont salariées, corvéable à merci, remplaçable à merci, sans forcément de compétence. La misère sociale côtoie souvent la plupart des salariés
- L’accueil est impersonnel
- La restauration proposé est de type grande surface avec pour le cas de Pierre & Vacances un prestataire ( le n° 3 Européen de la restauration ). Il s’agit donc d’une nourriture industrielle ...
- Les bénéfices repartent en grande partie sous forme de dividende. Ce qui signifie que la valeur ajoutée ne bénéficie pas à ceux qui ont travaillé mais à ceux qui ont amené simplement leur argent.

Pour des gîtes :
- les personnes qui y travaillent sont les propriétaires du gîte
- l’accueil est chaleureux, convivial et il arrive souvent que des amitiés se créent entre les propriétaires du gîte et les personnes qui viennent y passer la nuit.
- l’argent obtenu des nuités et de la restauration reste dans les mains du propriétaire/hôte qui en vît.

Donc nous sommes devant 2 formes d’accueil complètement opposées où d’une part des personnes sont exploitées par un système qui exige une rentabilité financière et de l’autre, des personnes sont libres, avec un accueil souvent exceptionnel, qui bénéficient du fruit de leur travail et en font profiter leur entourage proche.

Cet amalgame entre ces 2 formes de tourisme conduit à bien des méprises dans la tête des élus au point que l’on accorde jusqu’à 7000 euros pour accompagner un accueil industriel au même titre qu’un gîte classique !!


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